Syndrome de l’imposteur

Sentiment persistant d'illégitimité dans une position pourtant acquise ; relu par la sociologie, l'effet d'un décalage de classe et non un défaut personnel.

Le syndrome de l’imposteur a été décrit en 1978 par les psychologues Pauline Clance et Suzanne Imes pour nommer la conviction, chez des personnes accomplies, de ne pas mériter leur réussite et de risquer d’être un jour démasquées. La psychologie en fait d’abord un trait individuel. La sociologie le relit comme un fait social : il frappe de façon prévisible les transfuges de classe, les premiers de leur famille à étudier, parce qu’il traduit un décalage objectif entre leur origine et la position atteinte. Le malaise ne ment pas sur les faits, il se trompe seulement de cause, attribuant à un défaut intime ce qui relève d’un déplacement social.